Madonna (bientôt 68 ans), Shakira (presque 50 ans) ou encore Demi Moore prouvent au monde entier que la créativité n'a pas d'âge. Loin des clichés complètement obsolètes sur le déclin des femmes de 50 ans et plus, les lignes bougent enfin grâce à des figures publiques qui inversent la tendance.
"Je suis incapable d’aimer une femme de 50 ans. Je trouve ça trop vieux." C'est une phrase assassine de Yann Moix, prononcée lors d'une interview pour Marie-Claire en 2019, qui illustre parfaitement les idées discriminatoires et misogynes qui inondent notre société. Une étincelle dans le feu de ces quinquas qui font rimer performance et âge mûr.
Qu'il s'agisse des records de tournée de Shakira ou encore des prouesses scéniques de Madonna, ces icônes féminines tordent le cou aux injonctions liées aux chiffres sur le cadran. "Les représentations changent grâce à ces femmes car elles avancent malgré les critiques", indique Sophie Dancourt, à l'origine du média J’ai piscine avec Simone. "Ce qui est intéressant, c’est qu’elles inversent le récit dominant de la perte, du déclin."
Le véritable changement vient de la multiplication de ces modèles (Mylène Farmer, Demi Moore… ou les héroïnes de séries comme Sex Education et Emily in Paris). Sophie Dancourt, auteure de "Vieille, c’est à quelle heure ?!" 50 ans, le nouvel âge d’or", souligne :
"L’effet de masse est hyper important (...) Avant on en sortait une de temps en temps et on en faisait un totem. Plus elles sont nombreuses, plus ça donne envie à d’autres d’y aller. Et, il faut le dire, on sera de plus en plus nombreuses, ne serait-ce pour des raisons démographiques. C'est juste une remise en proportion finalement."
Des freins persistants
Malgré ces avancées, la sous-représentation et le culte de la jeunesse éternelle ont la dent dure dans les médias. Avec eux, une autocensure se crée tristement chez les femmes. Les stars elles-mêmes subissent une pression esthétique extrême :
"On voit souvent des mannequins jeunes pour vendre des crèmes 'anti-âge'. Ça fait partie des injonctions qui nous atteignent et qui aboutissent à une sorte d’auto-censure pour entrer dans ces normes", explique Sophie Dancourt. "On voit beaucoup de visages qui n’ont plus d’âge, c’est encore au-delà du fait de rester jeune, et c’est très déstabilisant. Résultat, elles poursuivent leur carrière, oui, mais on ne peut pas se dire qu’elles le font compte tenu de leur âge."
Dans le monde professionnel, le plafond de verre reste hélas bien réel, notamment lorsqu'il est question de reconversion et de lever des fonds pour atteindre cet objectif. Transformer ce frémissement en révolution durable ? Il faudra nécessairement passer à la vitesse supérieure : "Il faut dépasser les déclarations d’intention. Il y a des lois, des chartes, mais il faut vraiment que les choses changent. Il faut accompagner les femmes sans toujours penser aux quotas et se rendre compte de leur valeur."
Le message commence à résonner et à faire du bruit, mais le combat, lui, continue.
