Le chanteur bruxellois né en 1994 navigue toujours entre la pop anglaise et les grands auteurs de la chanson française classique.
Lorsqu’on lui pose la question, Noé Preszow n’hésite jamais à le rappeler encore et encore : "C’est vraiment sur scène que je me sens moi-même". Il est tombé tout petit dans la grande marmite des notes en s’astreignant d’abord, haut comme trois pommes littéralement, à l’apprentissage du violon. A l’adolescence, il passe à la guitare ce qui s’avère plus facile pour élaborer ses premières ébauches de chansons qu’il distribue autour de lui. A l’époque Tik Tok (qui n’est certainement pas son réseau social préféré) n’existait pas et il fallait vraiment se retrousser les manches pour se faire remarquer…
Sur scène, en 2023, ni Steve Van Zandt, ni feu Clarence Clemons ne sont évidemment à ses côtés mais on a parfois l’impression de se trouver face à un Bruce Springsteen du plat pays. S’il est gaucher, contrairement au Boss, il possède lui aussi une voix rauque et une énergie que l’enthousiasme du public ne fait que décupler. "Sur le premier album ("A nous" en 2021 - ndlr), j’ai parfois eu peur de mettre trop de guitare. Je suis pourtant un fou de guitare et je n’en ai presque pas mis !" confie-t-il en interview. Le moins qu’on puisse dire est qu’il prend sa revanche en concert. "Aucune stratégie ne vaut une guitare" chante-t-il d’ailleurs sur "Jusqu’au bout de la nuit". D’ailleurs, ses prestations scéniques durent rarement moins de deux heures et il doit parfois se faire violence pour ne pas revenir une énième fois nous conter ses histoires aux dimensions tantôt sociales, tantôt intimistes que l’entêtant "L’intime & le monde", sur son deuxième album "[prèchof]", résume admirablement.
Depuis l’adolescence, Noé couche des histoires sur le papier et les enrobe de notes. De sa retraite en Ardèche où ses dernières chansons ont vu le jour, il a ramené des dizaines de refrains au pays pour n’en finalement garder que treize. Avec une forme de candeur, il continue à croire que "les chansons peuvent changer le monde". Et les siennes y participent sans aucun doute.
Vous l’avez compris, Noé Preszow n’est jamais aussi émouvant, aussi enthousiasmant et même parfois joyeusement bordélique que devant un public que celui-ci soit acquis à sa cause ou à conquérir de haute lutte.

En contrepoint de sa dernière tournée très électrique, il a décidé de calmer le jeu en janvier 2025 avec "De ton vivant", quatorze chansons de son répertoire en versions dépouillées. Seul un piano ou une guitare acoustique comme écrin à ces mots choisis et ces phrases puissantes qu’il affectionne tant…
La précision de sa plume et sa propension à manier la langue comme personne avait déjà séduit Zaz. Plus récemment ce sont les artistes belges Mentissa et Alice On The Roof qui ont aussi fait appel à lui. Chanteur indéniablement engagé, Noé Preszow s'est associé, fin 205, au comédien David Murgia pour le spectacle de lecture musicale « Je vous écris de Gaza sous les bombes ». Il y assurait l'accompagnement à la guitare aux côtés de Shahd Awawda et Firas Hassan. En prélude à un nouvel album et à une tournée en 2027, il a sorti en août 2026 le morceau "Y'a un monde". Il nous prouve une fois encore qu'il n'hésite toujours pas à affronter les moulins notamment de la désinformation ; "Y'a un monde en dehors de ces ordures/Qui ravivent toujours plus la brûlure/En allant répandre sur les plateaux/Du vide vendu comme de l'info/Qui parlent tellement fort, tellement mal/Que ça fait même peur aux étoiles". Pas certain qu'il soit bienvenu sur chez Cyril Hanouna et les media Bolloré avec un tel discours!
Prochains concerts:
- Le 9 mars 2027 à La Cigale - Paris (France)
- Le 12 mai 2027 au Cirque Royal - Bruxelles (Belgique)
(Stéphane Soupart - Photo : © Etienne Tordoir)
Photo 1: Noé Preszow sur la scène du W-Hall à Bruxelles (Belgique) le 1 juin 2022
Photo 2: Noé Preszow sur la scène du Cirque Royal à Bruxelles le 2 avril 2024
