L’orfèvre gothique anglais a vu le jour à Bristol (Angleterre) en 1958 et joue toujours la carte d’une androgynie rock devant énormément à Marc Bolan.
Son éducation religieuse très strict au sein de l’Eglise Jésus-Christ des Saints des Dernier Jours, une émanation rigoriste de la mouvance mormone, a surtout attisé son tempérament rebelle à l’adolecence. Alors que ses parents rêvaient qu’il se métamorphose eb missionnaire, Wayne Hussey a rapidement délaissé la croix et le goupillon. C’est évidemment en réaction à une destinée tracée sans son consentement qu’il entamera sa croisade musicale, en pied de nez, sous le nom de The Mission et jouera sporadiquement comme guitariste pour les Soeurs de la Miséricorde (Sisters of Mercy) de Andrew Eldtrich.
Très jeune, il est frappé par l’image glam de Marc Bolan (T-Rex) à la télévision : cette révélation scelle son désir de devenir musicien. Il quitte progressivement le chemin tracé par ses parents pour s’immerger dans la scène new wave, d’abord à Liverpool où le mythique club Eric’s cristallise les ambitions des jeunes pousses locales comme Pete Wylie ou Julian Cope.
Avant de revendiquer la première place, il multiplie les expériences. Il joue ainsi avec Pauline Murray & The Invisible Girls, collabore brièvement avec Dead Or Alive et rejoint même The Sisters of Mercy entre 1983 et 1985. Son jeu de guitare contribue au mur du son reptilienne qui façonne la légende du groupe. Il apprend aussi à quel point un travail sur l’image s’avère un contrepoint indispensable à d’imparables mélodies aux riffs de guitare mémorables.
Lorsque The Sisters of Mercy se désintègrent une première, fois Wayne Hussey reprend son bâton de pèlerin et rassemble quelques fidèles au sein de The Mission. Ses premiers acolytes ont pour noms Craig Adams (ex-bassiste des Sisters), Mick Brown et Simon Hinkler. Cousins éloignés du groupe d’Andrew Eldritch, ils naviguent certes dans les mêmes eaux mais privilégient une flamboyance mélodique qui leur est propre.
Depuis leur premier album « God’s Own Medecine » (1986), en écho à son enfance sous l’emprise des Mormons, les références religieuses, explicites comme métaphoriques, parsèment une discographie d’une petit quinzaine d’albums. Ainsi, dans une vision apocalyptique, la chanson Wasteland débute par une citation littérale du Psaume 23 de l’Ancien Testament : « Le Seigneur est mon berger/Je ne manquerai de rien… ». Sans qu’on puisse parler de rock chrétien, en raison d’une vision souvent critique, un chapelet (si je puis me permettre) d’autrers refrains s’abreuvent de références bibliques, de Beliefs à Deliverance, de Kingdom Come (Forever And Again) à Tower Of Strength, une image souvent utilisée pour décrire Dieu dans l’Ancien Testament.
Si la musique de The Mission peut être simplement appréciée pour sa puissance, les chansons de Wayne Hussey sont, presque toujours bâties autour d’un refrain cathartique, ne sont pas sans évoquer des rites collectifs dirigés par un chanteur aux allures de prophète shamanique
(Stéphane Soupart - Photo: © Etienne Tordoir)
Photo: Wayne Hussey avec The Mission sur la scène du Plan K à Bruxelles (Belgique) le 26 février 1987
