Le guitariste, siffleur sans être persifleur en référence à sa chanson "The Joker" (1973) a vu le jour en 1943 à Milwaukee (Wisconsin)
Elevé à Dallas, Steve Miller grandit dans un milieu où la musique est omniprésente. On le dit souvent mais les guitaristes Les Paul (qui donnera plus tard son nom à la plus connue des Gibson) et Mary Ford (une des pionnières de l’élctricité au féminin) comptent parmi les amis de ses parents. Evidemment, ils lui mettent très tôt une guitare entre les mains et ce qui n’était qu’un jeu se transforme vite en passion. Adolescent, il monte déjà ses premiers groupes au Texas avec notamment avec Boz Scaggs qui connaîtra aussi un beau succès sous son propre nom. Il s'installer ensuite à Chicago où il explore les méandres de la riche scène blues locale.
En 1966, il déménage à San Francisco, alors en pleine effervescence psychédélique, et fonde le Steve Miller Band. Le groupe signe chez Capitol Records et publie dès 1968 « Children Of The Future » suivi de plusieurs autres albums qu’on qualifiera comme étant dans l’air du temps: un soupçon de rock, un peu de blues et quelques épices plus expérimentales.
Le grand tournant arrive en 1973 avec The Joker qui prend rapidement la direction et reste,un demi-siècle plus tard, un des points cardinaux du répertoire de Steve Miller avec Rock’n Me, Abracadabra ou Fly Like An Eagle. On retrouve tous les titres de cette période bénie sur la compte bien nommée « Greatest Hits 1974-78 » qui s’écoule à plusieurs millions d'exemplaires rien aux États-Unis. En 1982, Abracadabra lui offre un nouveau numéro un mais il faut bien reconnaître que l’artiste thésaurisera ensuite sur ces quelques années bénies des dieux sans jamais trop s’éloigner des planches. En 2016, le désormais octogénaire a été intronisé au Rock and Roll Hall of Fame, une consécration évidente pour une guitariste étroitement associé à l'âge d'or du rock FM américain.
En juillet 2025, le Steve Miller Band a annulé toute sa tournée américaine, invoquant le risque que représentent les inondations, tornades et ouragans pour le groupe et le public. Pour la première fois, un groupe a ainsi déclaré forfait devant les aléas du réchauffement climatique qui a depuis imposé l’annulation de festivals et concerts en plein air de plus en plus nombreux. Comme le paraphrasait Steve Miller lui-même en préférant rester à la maison: « You can blame it on the weather ».
(Stéphane Soupart - Photo: © Etienne Tordoir)
Photo: Steve Miller sur la scène du festival de Werchter (Belgique) en juillet 1982
