L’instigateur du Live Aid en 1985 a vu le jour en 1951 à Dún Laoghaire, près de Dublin dans une Irlande toujours très catholique et conservatrice.
A l’instar de Neil Tennat (Pet Shop Boys) ou de Chrissie Hynde (Pretenders), il fait ses débuts comme journaliste musical pour un journal local. En 1975, de spectateur, il ambitionne de devenir acteur et fonde ainsi les Boomtown Rats, un groupe biberonné au punk et à sa cousine la new wave. Le succès arrive très rapidement. Rat Trap (1978) et surtout I Don't Like Mondays (1979), inspirée d'une fusillade dans une école californienne, se hissent en tête des charts britanniques. En 1982, Geldof décroche un rôle au cinéma même s’il ne s’agit que du film musical « Pink Floyd The Wall » et non d’un Tarantino
Sa vie bascule en 1984 quand un reportage de la BBC sur la famine en Éthiopie le bouleverse. Avec Midge Ure (Ultravox) dont on oublie souvent le rôle tout aussi essentiel, il réunit les stars de la pop britannique dans un rare élan philanthropique. Sous le nom Band Aid, le single caritatif Do They Know It's Christmas?. Trônat pas moins de 5 semaines à la première place du hit-parade, le morceau a aussi détenu le titre de single plus vendu au Royaume-Uni pendant 13 ans avant d’être supplanté par le Candle In The Wind d’Elton John dédié à la Princesse Diana. Des versions ultérieures verront le jour en 1989, 2004 et 2014 avec d’autres protagonistes afin de continuer à récolter des fonds contre la famine dans le monde.

Le 13 juillet 1985, Geldof organise Live Aid, deux concerts simultanés à Wembley (Londres) et à Philadelphie. Plus de 1,5 milliard de personnes ont suivi l'événement dans le monde et, personnellement, je me souviens très bien de l’endroit où je me trouvais pour suivre avec un groupe d’amis ce concert diffusé en direct sur les plus grandes chaînes de télévision.
Pour ce coup d’éclat qui n’a finalement eu que peu d’impact sur sa propre carrière artistique, il sera anobli à titre honorifique par la reine Elizabeth II en 1986 et aussi proposé plusieurs fois pour le prix Nobel de la Paix. Le trublion irlandais que certains considèrent comme mal dégrossi devient ainsi Sir Bob Geldof! Il lance ensuite Live 8 en 2005 et ne cesse d'interpeller les dirigeants sur la pauvreté en Afrique. Si certains lui reprochent une vision supposément paternaliste, ce sont le plus souvent des critiques en chambre qui ne mouillent jamais leur chemise en espérant que les choses changent. Le point va donc clairement au chanteur des Boomtown Rats.

Pour les 40 ans de Live Aid, la comédie musicale Just For One Day – The Live Aid Musical s'est installée dans le West End, à l'Old Vic Theatre avec 10 % des recettes reversés au Band Aid Charitable Trust.
Il n'a pas non plus rangé sa guitare puisque les Boomtown Rats préparent quelques concerts, juste dans leur pays natal, pour célébrer leur 50e anniversaire fin 2026.
(Stéphane Soupart - Photos: © Etienne Tordoir)
Photos 1&2: Bob Geldof avec les Bootown Rats sur le plateau de l’émission « Génération 80 » à Bruxelles (Belgique) en 1982
Photo 3: Bob Geldof sur la scène des Diamond Awards au Sportpaleis d’Anvers (Belgique) le 5 décembre 1986
