Quand elle a vu le jour en 1957 à La Havane, l’état-civil cubain l’a enregistrée sous le nom de Gloria Maria Milagrosa Fajardo Garcia mais on l’apprécie aujourd’hui sous son nom de scène. Gloria Estefan, C'est quand même plus simple!
Son père était le garde du corps de la femme du dictateur Fulgencio Batista, soutenu par les Etats-Unis. Lorsque celui-ci est chassé du pouvoir en 1959 par Fidel Castro (qu’on qualifiera aussi d’autocrate mais beaucoup plus à gauche de l’échiquier), la famille de Gloria Estefan préfère s’exiler à Miami comme des milliers d’autres Cubains.
Elle appartient sans conteste au cercle très fermé des divas. Mais contrairement à ses consoeurs américaines comme Cher, Mariah Carey voire même la Canadienne Céline Dion, elle compose elle-même la plupart de ses chansons. En quête sans doute d’intégration au sein du Miami Sound Machine, sur fond de cuivres rutilants et de parfum latino mâtiné d’électronique, elle opte d’abord pour la langue anglaise avec son premier hit "Conga" en 1985 puis avec "The Rhythm Is Gonna Get You" ou "Betcha Say That" en 1987 sur l’album "Anything For You". Par la suite, tout en restant fidèle aux rythmes latinos souvent lascifs, elle alternera l’emploi de l’espagnol et de la langue anglaise avec le même succès.

Depuis une quinzaine d’années cependant, ses enregistrements jouent tantôt la carte d’une certaine modernité qui ne lui réussit que très moyennement (l’album "Miss Little Havana" avec Pharrell Williams à la production en 2011), tantôt avec celle d'une nostalgie somme toute très prévisible elle aussi (le bien nommé "The Standards" en 2013). En 2022, elle a même sacrifié à l’apparemment indispensable tradition de l’album de Noël ("Estefan Family Christmas") avec sa fille Emily et son petit-fils Sasha Estefan-Coppola.
Lors des Grammy Awards 2026 en février, elle a exprimé ses inquiétudes face au climat politique actuel aux États-Unis, réaffirmant l'importance pour les artistes de s'exprimer et de défendre les droits humains et la diversité culturelle. Sans le nommer, il s'agissait clairement d'une critique à peine voilée à Donald Trump. Si elle se produit moins souvent sous son propre nom, elle continue à soutenir la carrière de ses rejetons notamment de sa fille qu'elle accompagne souvent en tournée, dans l'ombre et parfois -un peu- dans la lumière comme en juillet 2026 au Cook Festival de Santa Cruz de Tenerife.
(Stéphane Soupart - Photo : Etienne Tordoir)
Photo 1: Gloria Estefan avec Miami Sound Machine sur la scène de Forest-National à Bruxelles (Belgique), en octobre 1989
Photo 2: Gloria Estefan sur la scène de Forest-National à Bruxelles (Belgique), le 18 mai 1991
