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Née un 20 septembre : Rien n’est trop beau pour Rosalia

  • 20 sept. 2026 10:00

Versatile et parfois insaisissable, le jeune trentenaire originaire de Catalogne repousse sans cesse ses propres limites. Jusqu’à l’ambitieux « Lux », véritable OVNI créatif apparu au firmament de la musique fin 2025.

 

Depuis son premier album « Los Angeles » (2017) et une irrépressible ascension dans les pas d’un  flamenco souvent teinté d’electro, ROSALIA a progressivement élargi le champ des possibles (le chant également, faudrait-il ajouter). Refusant de s’enfermer dans une tour d’ivoire, elle a toujours volontiers apporter son concours malicieux aux clips d’artistes qu’elle apprécie comme Cardi B ou pour Adora de Hart Styles dans lequel elle reçoit un rôle de narratrice. De fait, la chanteuse apprécie de se métamorphoser aussi devant la caméra, pas seulement pour ses propres vidéos, mais aussi pour le grand écran avec « Douleur et gloire » (2018) de Pedro Almodovar aux côtés d’Antonio Banderas. Tout récemment encore, on vient de la croiser dans la troisième saison de l’excellent « Euphoria » de Sam Levinson. ROSALIA confirme ainsi que, non seulement, elle n’a pas frdid aux yeux mais qu’elle adore donc relever les défis. En équipe et entourée, c’est encore mieux à ses yeux. A la fois très personnel et indéniablement collectif, son dernier album « LUX » ne fait pas exception à la règle. Un peu avant sa sortie, ils étaient nombreux à y déceler une pure folie commerciale voire même une chimère artistique. Aujourd’hui, l’engouement du public prouve qu’il est parfois possible de jumeler ambition sans oeillères et succès populaire.

Enregistré avec le London Philharmonic Orchestra, « LUX » s’apparente aux albums concepts comme on l’entendait dans les années 70 et comme Genesis ou Emerson, Lake & Palmer aimaient en proposer. Leur rock progressif parfois saupoudré d’éléments classique cède cependant la place chez ROSALIA à une oeuvre symphonique qui s’articule en quatre mouvements. Les voix, celle de la chanteuse catalane, ainsi que celles des nombreux invités utilisent l’espagnol comme socle commun mais on dénombre pas moins de 13 langues au total dont, un peu au hasard l’ukrainien et le mandarin. Pour Sauvignon Blanc, un des trois titres qui ne figure que sur la version physique de l’album, elle a failli commettre une petite erreur phonétique en prononçant le « c » comme on le ferait dans sa langue maternelle. Gaspard Augé et Xavier de Roseny, du duo français Justice, qui enregistraient dans les mêmes studios du sud de la France, lui ont fait remarqué que sa prononciation était incorrecte. En clin d’oeil, ils ont été remerciés en tant que « linguistic consultants for lyriques » pour ce titre. Si ROSALIA apprécie grandement ce cépage dominant dans la Loire, la chanson est pourtant loin d’être une ode à l’ivresse puisqu’elle invite plutôt l’auditeur à renoncer aux luxes matériels inutiles. A brûler sa Rolls Royce et à se débarrasser de ses Jimmy Choo, un geste facile pour la plupart d’entre-nous qui ne possédons ni l’une, ni les autres !

Pour sa tournée européenne actuelle qui a débuté à Lyon le 16 mars dernier, ROSALIA ne peut compter ni sur les invités présents sur le disque, ni sur le London Philharmonic Orchestra. Björk et Yves Tumor qui lui répondent sur Berghain restent donc chacun chez eux. De même que Charlotte Gainsbourg, Carminho ou Daniel Bjarnason, chef d’orchestre du LPO. Par contre, le revenant Guy-Manuel de Homem-Christo (ex-Daft Punk) est indirectement présent puisque Reliquia qu’il a composé fait partie des morceaux sélectionnés pour cette tournée.

Evidemment, ROSALIA se devait de proposer une mise en scène aussi originale que son approche musicale actuelle. Elle est ainsi épaulée par un véritable grand orchestre The Heritage Orchestra qui trouve habituellement sa place au milieu du public. Pour occuper les planches à ses côtés, elle a aussi fait appel à l’incroyable troupe française La Horde. Ils délaissent leurs chorégraphies souvent acrobatiques pour l’entourer la plupart du temps en chaussons et sur leurs pointes. Un concert qui risque donc de marquer les mémoires…

(Stéphane Soupart - Photo : © Courtesy Schiaparelli)

Photo: Comme beaucoup d’autres chanteuses, ROSALIA apprécie la mode et assistait ainsi au défilé printemps-été 2026 de Schiaparelli au Petit Palais à Paris (France), le 2 octobre 2026

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