De son vrai nom Sonia Dronnier, Viktor Lazlo voit le jour en 1960. Née à Lorient.
Elle entame des études en histoire de l’art et archéologie à l’Université Libre de Bruxelles à Bruxelles mais répond aussi à l’insistance des « talent scouts » des agences locales de mannequinats. Le producteur belge Lou Deprijck la repère et décide rapidement de lui construire un personnage inspiré de « Casablanca », le chef d’oeuvre en noir et blanc signé par Michael Curtiz en 1942. Elle reprend lettre pour lettre (ou presque) le nom de ce héros de la résistance tchèque contre le nazisme interprété par Paul Henreid. Il s’agit d’un rôle masculin ? Cela n’affectera aucunement la sensualité irradiante de la chanteuse…

Silhouette de diva, petite robe noire signée Thierry Mugler, dès son premier succès Canoë rose, la belleViktor ne laisse personne indifférent. Son premier succès, Canoë rose, la fait connaître en 1985. Elle enchaîne avec un deuxième album éponyme dont le succès le plus marquant est Breathless. Suite au succès de Sandra Kim l’année précédente, l’insigne honneur d’organiser le Concours Eurovision à Bruxelles en 1987. Toujours fidèle au créateur français Thierry Mugler (décédé zn 2022), la chanteuse est choisie comme maîtresse de cérémonie et arbore une extravagante robe rouge de la collection automne-hiver 1986 intitulée « Hiver russe ». Elle en avait déjà offert la primeur pour le clip vidéo de Breathless. Aujourd’hui, elle a clairement tourné la page puisque ses tenues les plus emblématiques ont été mises aux enchères en 2016.

Par la suite, elle ne pratique plus la chanson qu’en dilettante. Avec une coloration très jazz en reprenant, par exemple, des classiques de la chanson en 2002 avec « Loin de Paname » et notamment Les mots d’amour d’Edith Piaf. Elle rend ensuite hommage à Billie Holiday d’abord sur scène puis avec un album et une livre consacrée à la légende américaine. Si elle joue également quelques rôle à la télévision, pour le feuilleton « Navarro » ou « Sandra, princesse rebelle » diffusée sur TF1 en 1995.
Parallèlement, elle se taille progressivement une jolieréputation comme romancière chez Grasset. Parmi ses ouvrages on retiendra notamment « Les Passagers du siècle » (2018) et « Trafiquants de colères » (2020). Dans son dernier livre « Un coeur bruyant » qu’elle qualifie elle-même d'« autobiographie romancée », elle y parle notamment de son ancien compagnon Bernard Lavilliers qu’elle décrit comme « une petite lumière » dans sa vie. En avril 2026, elle a aussi mis en ligne « Boom Boom » sur You Tube, son premier film en tant que réalisatrice. Dix ans après le terrible attenta de Nice, elle a aussi écrit Debout pour en célébrer le triste anniversaire. En septembre 2026, elle propose une version totalement méconnaissable de Malédiction d’Alain Bashung aux côtés d’une trentaine d’autres artistes français, des « ancêtres » comme Francis Cabrel et Jean-Louis Aubert et de jeunes pousses comme Emma Daumas.
(Stéphane Soupart - Photos: © Etienne Tordoir)
Photo 1: Viktor Lazlo sur la scène des Diamond Awards au Sportpaleis d’Anvers (Belgique) le 5 décembre 1986
Photo 2; Viktor Lazlo sur la scène du Cirque Royal à Bruxelles (Belgique) en avril 1987
Photo 3: Viktor Lazlo présente le Concours Eurovision au Heyzel à Bruxelles (Belgique) le 9 mai 1987
