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Une ballerine atteinte de SLA recommence à danser grâce à un avatar

  • 18 mai 2026 10:39

À Amsterdam, sur la scène de l’OBA Theater Amsterdam, la danse a pris une forme totalement inédite. Une ballerine atteinte de sclérose latérale amyotrophique (SLA) est remontée sur scène, non pas avec son propre corps, mais à travers un avatar numérique directement piloté par ses ondes cérébrales. 

Un instant suspendu qui a bouleversé le concept même de performance artistique. Protagoniste du projet, Breanna Olson avait construit son identité artistique dans la danse contemporaine dès son plus jeune âge. Si la maladie neurodégénérative lui a progressivement fait perdre son contrôle moteur, elle ne lui a pas ôté sa capacité à imaginer le mouvement.

La technologie qui traduit la pensée en danse

Au cœur de cette expérimentation se trouve une interface cerveau-ordinateur sophistiquée, développée par Dentsu Lab en collaboration avec NTT. Grâce à un casque EEG, les signaux électriques émis par le cerveau de la danseuse sont enregistrés puis traduits en instructions numériques. Lorsque Breanna Olson imagine un geste chorégraphique, le système l’interprète et le transforme en mouvement pour un avatar en réalité mixte, projeté sur la scène. Il en résulte une danse suspendue entre réel et virtuel, où la créativité ne passe plus par les muscles, mais par l’activité neuronale.

"Waves of Will" : le projet qui donne forme à l’invisible

La performance s’inscrit dans le cadre du projet “Waves of Will”, une initiative qui explore de nouvelles formes d’expression pour les personnes en situation de handicap moteur. L’objectif n’est pas de remplacer le corps, mais de restituer une identité artistique grâce à des outils technologiques de pointe. Breanna Olson raconte combien le processus est complexe : pour contrôler l’avatar, il faut atteindre un niveau de concentration extrêmement élevé, en faisant abstraction des pensées parasites et des stimuli extérieurs. Un véritable exercice mental, qui lui a cependant permis de retrouver une forme de liberté créative.

Une nouvelle façon de penser le handicap et la créativité

Durant la représentation, l’avatar a dansé aux côtés d’autres danseurs bien réels, tissant un dialogue entre présence physique et numérique. Le public a découvert un langage chorégraphique inédit, où le mouvement naît directement de l’esprit. Pour Olson, ce moment sur scène a marqué un retour à la vie artistique : une expérience qui a ravivé un lien avec la danse, perdu à cause de la maladie. La technologie, en l’occurrence, ne remplace pas l’art, elle le prolonge, en élargit le champ.

Selon les chercheurs impliqués, des systèmes similaires pourraient un jour être appliqués à des dispositifs du quotidien comme des fauteuils roulants intelligents ou des outils de communication avancés. La performance d’Amsterdam marque ainsi un tournant : non seulement une expérimentation technologique, mais aussi une déclaration forte sur ce que signifie aujourd’hui créer, s’exprimer et danser, même lorsque le corps ne le peut plus au sens traditionnel.

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