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Né un 22 mai : Morrissey, chanteur des Smiths pour toujours

  • 22 mai 2026 16:13

Habile jongleur de mots et fan de cinéma français en noir et blanc, Steven Patrick Morrissey a vu le jour en 1959 à Davyhulme dans le Lancashire anglais

Il est devenu célèbre comme comme chanteur et parolier de son premier groupe The Smiths, entre 1982 et 1987, même si le rôle des trois autres musiciens dans l’alchimie du quatuor n’est pas à négliger. Le guitariste Johnny Marr ciselait ainsi un chapelet de notes mettant en valeur les thématiques récurrentes chez Morrissey : la solitude évidemment mais, parfois la résultante l’une de l’autre, le désir amoureux et la dépression. Dès leur premier single "This Charming Man" sur le label Rough Trade en 1983, il élabore les idées graphiques des pochettes et puise ses références dans les classiques du cinéma français. Il choisit ainsi une photo de Jean Marais extraite du film "Orphée" de Jean Cocteau en 1950. En filigrane, il signale ainsi, de manière presque subliminale, une homosexualité qu’il finira par dévoiler publiquement même s'il préfèret parler aujourd'hui d’ "asexualité". 

Plus tard, il empruntera une photo d’Alain Delon, extraite du film "L’insoumis" en 1966 pour la cover de l’album "The Queen Is Dead". Il cite aussi parfois le nom d’acteurs français dans ses textes comme Claude Brasseur sur "At Last I Am Born" ou plus récemment, en 2017, Guillaume Canet sur "Home Is A Question Mark". Vous l’aurez compris, Morrissey est non seulement un cinéphile averti et un poète talentueux mais aussi un sacré intello ! Lors d’un concert au Grand Rex de Paris en 2014, il a même déclaré que la plus grande réussite de sa vie était "d’être né le même jour que Charles Aznavour".

 Partisan d’une certaine forme de sarcasme et d’un humour décalé, interrogé sur sa supposée homosexualité, il a déclaré se considérer plutôt comme un "humasexual" (jeu de mots difficilement traduisible). Il ajoute que son "attirance pour les humains se limite à un tout petit nombre d’entre-eux" (au magazine américain "Spin")

De "This Charming Man" à "Hand In Glove", de "Heaven Know I'm Miserable Now" à "Bigmouth Strikes Again", Morrissey nous a offert quelques chefs d’oeuvre du rock anglais. Mais il a aussi été au coeur d'une poignée de polémiques. Est-ce vraiment étonnant pour un artiste intitulant son premier album solo "Viva Hate" ? Mais il s’est toujours défendu en affirmant être mal compris ou bien que ses propos étaient détournés par une presse en quête de sensationalisme. En effet, s’il déclare à  plusieurs reprises "détester le racisme" (notamment et avec véhémences dans les colonnes du quotidien anglais "The Guardian"), il déclare malgré tout que "l’identité anglaise est en péril à cause de l’immigration". Il est exact que de petites phrases comme celle-là, sorties de leur contexte qui plus est, peuvent avoir un effet dévastateur. Surtout concernant une problématique aussi complexe que l’immigration.

  Végétarien depuis l’âge de 11 ans, Morrissey mène aussi des combats plus consensuels notamment pour défendre le bien être animal. "Meat Is Murder", titre du deuxième album des Smiths en 1985, se lisait déjà comme un message en ce sens. Morrissey est d’ailleurs membre de l’association PETA et fait donc logiquement interdire la consommation de viande lors de ses concerts. Pas de saucisse de Francfort, ni de hamburgers !

  Mais rassurez-vous, il n’est pas indispensable de se plonger dans les méandres de l’esprit torturé de Morrissey  pour apprécier son oeuvre.

En mars 2026, avec « Make-Up Is A Lie », le chanteur anglais publie son premier album depuis six ans et une fois encore provoque quelques remous. Toujours persuadé que l’industrie cherche à museler sa liberté d’expression, il se laisse aller -une fois encore devrait dire- à défendre de fumeuses théories complotistes. Ainsi dans Notre-Dame, il prétend sans l’ombre d’une preuve que l’incendie de la cathédrale de Paris en 2019 était un acte criminel. Rien moins qu’un attentat antichrétien. On a parfois envie de lui rappeler certaines chansons prémonitoires des Smiths comme Big Mouth Strikes Again (1986) ou How Soon Is Now? (1984) dans laquelle il serine : « You shut your mouth/How can you say I go about things the wrong way? ». On peut légitimement se poser la question cher Morrissey !

(Stéphane Soupart - Photo: © Etienne Tordoir) 

Photo : The Smiths et Morrissey à gauche posent sur le rue Royale au centre de Bruxelles (Belgique) en décembre 1983

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