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Né un 25 août : Elvis Costello, un Imposter qui ne manque pas d’Attractions

  • 25 août 2026 17:00

Declan Patrick McManus, de son vrai nom, a vu le jour à Londres en 1954. Il a donc 72 ans aujourd’hui !

D’origine irlandaise, Elvis Costello a fait ses premiers pas dans ce qu’il est convenu d’appeler le pub rock, à l’époque où ces hauts lieux de la bière tiède sans faux col accueillaient régulièrement des artistes sur leurs scènes étriquées. C’est heureusement encore le cas aujourd’hui mais dans moins d’établissements. Des groupes comme Dr Feelgood ou The Inmates ont également débuté de la sorte.

Avec des albums comme "My Aim Is True" (1977),  "This Year’s Model" (1978) et l’emblématique "Armed Forces" (1979), il devient un des héraults de la new wave anglaise. On comprend rapidement qu’il n’est pas seulement un petit gars nerveux qui se trémousse sur des refrains épileptiques (et souvent magnifiques). Ainsi, le (presque) reggae "Watching The Detectives" ou l’évidence mélodique de "Radio Radio", le crescendo de "(I Don’t Want To Go To) Chelsea" et bien sûr le piano du fidèle Steve Nieve sur "Oliver’s Army". illuminent les premières années de sa carrière. On y décèle déjà l’étendue d’un talent multiforme et toute l’étendue de ses aspirations futures sont déjà présentes en filigrane sur "Alison", "Waiting For The End Of The World" ou "Little Trimmers". Costello ne se contente pas de ciseler d’impeccables mélodies, il peaufine aussi ses textes avec le même talent d’orfèvre. Et ne semble en aucun cas rechercher la facilité.  Avec lui, "Accidents Will Happen" (pour reprendre le titre d'une de ses chansons) mais presque toujours pour le meilleur…

Pour la suite de sa carrière, le plus souvent accompagnés par ses fidèles Attractions, Costello prendra de plus en plus souvent des chemins de traverse et apparaîtra où on ne l’attend pas. Le succès commercial ne sera cependant pas toujours au rendez-vous. En 1981, il épanchera (partiellement) son penchant pour la country en mettant "Almost Blue" au monde à Nashville avec des reprises notamment de Gram Parsons. Par la suite, jazz ou soul funk, envolées presque baroques et même classiques avec The Brodsky Quartet en 1993, Costello se métamorphose en caméléon talentueux.

 Mais écoutez à nouveau de petits bijoux comme "The Only Flame In Town" (1984), "Everyday I Write The Book" (1983), "I Want You" (1986) ou encore "Unwanted Number" avec ses actuels comparses des Imposters (2018) vous serez convaincu, si besoin en était, de l’immense talent du bonhomme. Si vous êtes curieux, vous pouvez également partir à la recherche d’une vingtaine de chansons  composées avec Paul McCartney entre 1987 et 2008. 

lvis Costello sur la scène du festival de Werchter (Belgique) le 5 juillet 1981  (© Etienne Tordoir)

Enfin, malgré un caractère parfois abrupt, on rappellera ici son engagement sans faille pour Rock Against Racism mais aussi contre la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés. Suite aux pressions, il a cependant été obligé d’annuler les deux concerts de soutien qu’il désirait donner à Tel Aviv. C'était en 2010 et le ciel s'est encore obscurci depuis en Israel. Comme vous voyez, Elvis Costello n’a pas sa langue en poche et sait faire entendre ses opinions !

En cette fin de printemps, le chanteur anglais à la plume prolifique repart sur les routes entoure par la fidèle Stevie Nieve aux claviers ainsi que par le guitariste américain Charlie Sexton. Alors que "The Boy Named If", son dernier album original avec The Imposters, remonte déjà à 2022, Elvis Costello se permet cette fois un regard dans le rétroviseur à l'instar de la plupart de ses contemporains. Avec une tournée explicitement intitulée "Radio Soul! The Early Years", il entreprend de dépoussiérer quelques joyaux publiés entre 1977 et 1986, de "This Year's Model" à "Blood & Chocolate". Avec une générosité qui a toujours été la sienne, il nous promet une trentaine de chansons parfois méconnues comme "Home Is Anywhere You Hand Your Head" (1986), une poignée de covers (Charlie Rich, Brinsley Schwarz ou encore "Ghost Town" des Specials, dont il a produit le premier album). De "Radio Radio" à "Everyday I Write The Book", de "Oliver's Army" à "Watching The Detectives", de "I Don't Want To Go To) Chelsea" au déchirant "Shipbuilding" (dont la version poignante de Robert Wyatt a presque éclipsé celle du maître), aucun de ses titres n'est laissé de côté démontrant ainsi l'étendue de son talent...

(Stéphane Soupart- Photo : © Etienne Tordoir)

Photo 1: Elvis Costello & The Imposters sur la scène du festival OLT Rivierenhof à Anvers (Belgique), le 27 juin 2022

Photo 2: Elvis Costello sur la scène du festival de Werchter (Belgique), le 5 juillet 1981 

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