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Né un 25 août : Willy De Ville, son "Chat Bleu" ronronne toujours à nos oreilles…

  • 25 août 2026 16:00

Willy DeVille, de son vrai nom William Paul Borsey Jr., voit le jour en 1950 à Stamford (Connecticut). Il nous quitté le 7 août 2009 des suites d'un cancer du pancréas.

Adolescent rêveur bercé par Bob Dylan, Fred Neil et Jimi Hendrix, il quitte tôt l'école très tôt et se lance dans la musique à corps perdu. Car celui qu’on appelle pas encore Willy DeVille n’a jamais eu l’habitude faire les choses à moitié. Il mène une ébauche de carrière erratique d avant de partir tenter sa chance à Los Angeles puis d’atterir dans la Grosse Pomme puisque New York; aujourd’hui comme hier, conserve le même pouvoir d’attraction sur les artistes.

C'est en 1974 qu'il fonde l’ébauche du groupe qui deviendra Mink DeVille. Par un raccourci un peu réducteur, on les associe à la scène punk et new wave naissante sans doute parce que le groupe occupe souvent la scène du mythique du CBGB aux côtés de Television, de Blondie, de Patti Smith ou des Talking Heads.

En 1975,  Borsay devient Willy DeVille et son groupe incorpore des références latino, mexicaines surtout, qui les rapprochent plus de Los Lobos que des Ramones!

Le groupe enregistre six albums entre 1977 et 1985 dont les magistraux « Return To Magenta » (1978),très roots et le nom moins lumineux « Le Chat Bleu » partiellement enregistré à Paris. Ce troisième album sorti en 1980, occupe une place à part dans la carrière de Willy DeVille. « Le Chat Bleu » s'attire les éloges des critiques musicaux, ceux du mensuel américain « Rolling Stone » le placent en 5ème place des meilleurs enregistrements de l’année 1980. Et, bien que ne disposant de chaire dans aucune université, l’historien du rock

Glenn A. Baker le désignera plus tard comme un des dix meilleurs albums de rock de tous les temps. Si cela ne vous donne pas envie de l’écouter (ou de le redécouvrir), je ne sais quel argument supplémentaire ajouter. Dans une interview au magazine mentionné, Willy DeVille affirmera avec un soupçon de naïveté qu’il «recherchait un « son français » et pensait que les bords de Seine étaient l’endroit idéal pour le débusquer. Ce sont pourtant bien des castagnettes qu’on entend sur Just Keep Holding On… Il a d’ailleurs été très ému par sa rencontre avec Charles Dumont, compositeur historique d'Édith Piaf. Si leur collaboration directe ne s’est pas concrétisée, il a néanmoins travaillé avec Jean-Claude Petit  qui lui a concocté quelques arrangements de cordes qui auraient fait frémir La Môme.

Le séjour de Willy DeVille à l’Aquarium Studio ne se passera cependant pas sans heurts puisque son label Capitol Records qui finançait l’escapade trouvait le résultat entre rock, chanson française et rhythm’n blues aux antipodes de ce qu’ils espéraient.

Elle laissera donc l’album au frigo sans aucune intention de le proposer au public. L’album finira par sortir grâce, notamment, à l’insistance du distributeur français. A la décharge du label, il faut bien avouer que le côté hybride du projet mêlant les cordes luxuriantes de l’orchestre dirigé par Jean-Claude Petit à l’ancienne section rythmique d’Elvis Presley avait de quoi surprendre pour l’époque. Mais, comme souvent, les chefs-d’oeuvre naissent en bousculant les recettes réputées infaillibles.

Willy DeVille expliquera plus tard avoir eu l’ambition de créer  une « musique capable de traverser le temps plutôt que de suivre une mode ». Comme quoi, engoncés dans leurs certitudes, les professionnels du métier n’ont pas toujours le nez suffisamment fin pour décoller une oeuvre majeure.

Le dernier album du groupe, « Sportin' Life », sort en 1985. Willy poursuit ensuite sa carrière sous son propre nom. Son premier album solo, « Mirage » (1987), est produit par Mark Knopfler de Dire Straits. Il s'installe ensuite en partie à La Nouvelle-Orléans mais c’est surtout en Europe qu’il conserve de nombreux aficionados et plus particulièrement en France. Ce n’est donc pas un hasard si, en 1991, ce pays lui décerne le Grand Prix de l'Académie Charles-Cros pour un album en public en partie enregistré à l'Olympia de Paris. En 1992 un succès notable avec l'album « Backstreets Of Desire » sur lequel se détache sa reprise du Hey Joe de Jimi Hendrix, version mariachi.

Hommage à La Nouvelle-Orléans, une ville qui l’a énormément inspiré, son dernier album studio « Pistola » (2008) sort au moment même où commençaient les festivités de Mardi Gras sur Bourbon Street. Déjà affaibli par la maladie, Willy DeVille s’éteindra un peu plus d’an plus tard…

(Stéphane Soupart - Photo: © Etienne Tordoir)

Photo: Willy DeVille avec Mink DeVille sur la scène de l'Ancienne Belgique à Bruxelles (Belgique), le 24 novembre 1981

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