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Née un 28 mai : Wendy O’Williams (Plasmatics), fragile reine de la provoc'

  • 28 mai 2026 10:45

Wendy Orlean Williams voit le jour en1949 à Rochester dans l'État de New York. Icône punk-metal et écologiste convaincue, ses failles comme ses frasques en font une des femmes les plus incomprises du rock américain.

Élevée dans un foyer modeste, elle a quitte le domicile familial à seize ans. On ne sait trop ce que ses parents ont pensé de cet envol dès l’adolescence mais Wendy a toujours affirmé qu’il ne s’agissait nullement d’une fugue au long cours. Elle voyage à travers le pays (en stop ou en bus Greyhound), travaille comme danseuse exotique, comme actrice de films pour adultes (comme Catherine Ringer à ses débuts) et aussi comme, vendeuse. Rien de très glamour pour des débuts dans la vie plutôt cabossés. Elle apprend donc la survie avant d’empoigner le micro.

Elle est arrivée sur la scène musicale comme une grenade dégoupillée plutôt qu’un simple OVNI bizarroïde. Coiffure mohawk blond platine, tronçonneuse à la main, pinces à linge sur des tétons pudiquement recouverts de tape, la donzelle ne passe pas inaperçue et fait rapidement rugir les ligues de bienséance.

Quand elle arrive dans l'orbite du manager Rod Swenson à la fin des années 1970, elle est déjà une survivante. S’il devient également son compagnon à la ville, il est aussi, en partie du moins, l’architecte d’un groupe qui fait les gros titres pour ses excès plus que pour sa musique. Formés à New York en 1977, les Plasmatics, le groupe dispose certes d’un guitariste acéré en la personne de Jean Beauvoir mais Wendy joue plus le rôle d’une meneuse de revue déjantée que d’une chanteuse au sens premier du terme. Avec des titres aussi explicites que Destroyers ou Butcher Baby, on peut même affirmer qu’elle éructe plus qu’elle ne chante. A côté des Plasmatics, les Stooges d’Iggy Pop passent presque pour de sympathiques troubadours !

Sans jamais se rapprocher d’une reconnaissance populaire, les albums se succèdent pourtant à un débit de mitraillette : "New Hope For The Wretched" (1980) et "Beyond The Valley Of 1984" (1981) rythment les sorties du groupe. Difficile évidemment de tenir et la tronçonneuse de Wendy finit par s’enrayer lorsque la chanteuse n’a plus de carcasse de voitures à découper. Et il ne s’agit pas d’une métaphore ! D’ailleurs, la carrière du groupe est émaillée par autant de conflits avec les autorités que d’albums.

En janvier 1981, la police de Milwaukee l’arrête sur scène pour "conduite indécente" : avoir en l’occurence simulé un acte sexuel avec… un marteau. Il y a fort à parier qu’une partie du public pensait qu’il s’agissait d’un nouvel artifice de mise en scène.

Alors que Gene Simmons, le bassiste de Kiss à la langue bien pendue, produit son premier album solo "WOW" (1984), Wendy réussit quand même l’exploit d’être nominée aux Grammy Awards en 1985  dans la catégorie hard rock évidemment. Dans un entretien au magazine Spin en 1984, elle déclare -croyez-la ou pas : "Je n’ai jamais cherché à choquer. Mais plutôt à sortir les gens de leur torpeur." Mission accomplie sur ce point…

Après deux autres albums sans grand succès, elle s’installe ensuite dans une ferme du Connecticut et se consacre à la nature, les animaux, l'écologie. Elle soigne notamment des écureuils blessés. Le bruissement du vent dans les arbres remplace les décibels tonitruants dans son quotidien.

Le 6 avril 1998, elle met fin à ses jours dans les bois près de sa propriété. Elle avait seulement  48 ans. Son compagnon Rod Swenson rendra publique une lettre dans laquelle elle explique son geste : "J’ai simplement décidé que le moment était venu" dit-elle.

Deux ans, plus tard, un album posthume des Plasmatics verra le jour en 2000, le bien nommé "Coup de grâce".


 

(Stéphane Soupart - Photo: © Etienne Tordoir)

Photo: Wendy O’Williams avec The Plasmatics sur la scène de l’aura Q de la VUB à Bruxelles (Belgique) le 8 février 1981

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