Depuis des décennies, le centre culturek bruxellois lance ses têtes chercheuses tous azimuts. Elles ramènent une kyrielle de jeunes pousses et d'artistes méconnus dans leurs filets.
Il n'y a pas besoin d'attendre une éventuelle enquête de l'institut national de la statisque pour anticiper les palmes que Le Botanique récolterait sans coup férir. Tout d'abord, de toutes les salles du plat pays, accueillant les musiques dites modernes (au sens large), le Bota emporte haut la main le nombre d'artistes accueillis sur une année. Malgré les travaux de rénovation de grande envergure entamés au début de l'été. Ainsi, l'Orangerie verra sa capacité passer de 650 à 1000 spectateurs et sa scène carrément changer de côté. Avec ou san coup de baguette magique, le processus prendra un certain temps. Pour ne pas dire un temps certain.
Parmi la pléthore d'artistes se produisant dans les salles de ce qui est aussi un bâtiment historique de la région bruxelloise, un très grand nombre de musiciens visitent le Plat Pays pour la toute première fois. Et une fois encore, le Bota arbore fièrement le maillot blanc décerné aux jeunes espoirs (les aficionados du Tour de France comprendront). De temps à autre aussi, de vieilles gloire toujours vertes investissent également les lieux comme The Flamin' Groovies qui fêteront leurs 50 ans d'existence le 20 septembre. On en reparlera...
En attendant, voici une liste de concerts qui titillent notre intérêt. N'oubliez pas, encore une spécificité du lieu, que l'ébouriffante Bota Carte (au prix de 15€ annuels) vous offre de substantielles réductions sur absolument tous les concerts. Sa version Duo (25€) vous permet même d'inviter un.e ami.e aux mêmes conditions. Et, cerise sur le gâteau, un nombre limité de places sont parfois offertes gratuitement aux curieux plus réactifs, le plus souvent pour des concerts intimistes dans la petite salle du Witloof Bar.
Toutes les infos (notamment sur la Bota Carte, le programme des concerts et les réservations) sur botanique.be
PREWN
Projet porté par Izzy Hagerup, artiste américaine à l’écriture sans filtre, Prewn propose une aventure musicale aux confins des titres les plus expérimentaux de PJ Harvey ou de Sonic Youth. Pensé à l’origine comme un travail personnel, pas nécessairement destiné à être divulgué au public, son deuxième album "System" se révèle âpre et abrupt sans exclure une sensibilité à fleur de notes.
Mercredi 2 Septembre - Witloof Bar

RYAN DAVIS
Originaire de Louisville (Kentucky), Ryan Davis navigue entre country alternative, rock indépendant et americana sans qu'il soit possible de cerner complètement son approche musicale. Le diable d'homme est effectivement insaisissable et n'aime rien moins que de revêtir de nouveaux oripeaux en surprenant tout le monde. Après avoir passé quinze ans à la tête de State Champion, cet intarissable conteur aime autant dessiner au fusain que jongler avec les mots.
En juillet 2025, avec ses comparses du Roadhouse Band, il sort "New Threats From The Soul", un disque à la fois classique et audacieux. Longs d'une dizaine de minutes, une hérésie commerciale par les temps qui courent, la plupart des titres -comme "Mutilation Springs" et son alter-ego "Mutilation Falls"- prennent le temps nécessaire pour affiner leur propos. Oui, Ryan Davis est un extra-terrestre!
Jeudi 3 septembre - Rotonde

ZEYNE
D'origine palestino-jordanienne, la jeune chanteuse de 28 ans est née à Amman mais, originaire de Jaffa, sa famille a été contrainte à l'exil (la Nakba ou catastrophe pour les Palestiniens) lors de la création de l'état d'Israël en 1948. Evidemment, son travail est profondément marqué par cette thématique de l'exil forcé, d'une identité troublée par les soubresauts de l'histoire et aussi par la résistance culturelle de son peuple. Comme elle le résume elle-même en interview : "Je n'ai pas choisi d'avoir une identité politique, je suis née avec". Sur son premier album "Awda" (2025), sa pop arabisante fusionne R&B et soul avec un indéniable héritage musical traditionnel du Levant. Est-elle la chanteuse favorite de Rima Hassan? On peut l'imaginer...
Samedi 5 septembre - Musée

RACHEL CHINOURIRI
A peine âgée de 27 ans, Rachel Chinouriri a vu le jour le 1 novembre 1998 à Kingston-upon-Thames dans la banlieue sud-ouest de Londres. Avec un seul véritable album à son actif au titre ne manqué pas de cet humour britannique si particulier ("What A Devastating Turn Of Events" en 2024), elle a déjà réussi à marquer les esprits avec une pop certes alternative mais indéniablement accrocheuse et zébrée parfois de riffs cinglants. Comme des éclairs dans une nuit orageuse. Bien que sa musique soit éminnement accessible avec des titres comme "All I Ever Asked" ou "Never Need Me", Rachel n'oublie jamais de faire entendre sa voix pour les causes qu'elle défend à commencer par le racisme latent que continuent à subir les minorités ethniques dans le monde, dans son pays (le Royaume-Uni), dans sa ville (au sud-ouest de Londres) et dans son quartier. En mars 2024, elle a ainsi refusé de participer au fameux festival South By Southwest à Austin (Texas) car le nouveau partenaire de l'événement était désormais... l'US Army. Elle en a profité pour rappeler qu'avant d'émigrer en Angleterre, ses parents avaient tous les deux été enrôlés de force au Zimbabwe comme enfants soldats. Rachel Chinouriri est donc loin d'être une simple chanteuse pop!
Jeudi 10 septembre - Musée

ORA COGAN
Activiste autant que chanteuse, originaire de Colombie Britannique (Canada), Ora Cogan a toujours exprimé ses sensations et ses revendications de différentes manières. Elle a longtemps documenté, en tant que photo-journaliste, les manifestations auxquelles elle a participé notamment pour la protection des forêts anciennes de Fairy Creek au sud de Vancouver. Depuis une vingtaine d'années, elle a enregistré une dizaine d'albums qui, en filigrane, relatent les mêmes préoccupations. Le premier en 2005 s'intitulait "Sparrow" (moineau) et un de ses successeurs en 2016 "Crickets". Désormais signée par l'excellent label Sacred Bones, le même que Molchat Doma ou SPELLING, elle vient de publier "Hard Hearted Woman (2026) qui s'atticule autour d'une forme de résilience politique et sociale. "Money" a ainsi été écrit en réaction aux législations anti-trans indiscriminées aux Etats-Unis.
Dimanche 13 septembre - Rotonde - Attention, le dimanche, les concerts débutent à 18h...
HOLLY HUMBERSTONE
Une de ses premières apparitions scéniques remonte à l'été 2019 sur la scène tremplin "BBC Introducing" au gigantesque festival de Glastonbury. Plutôt que d'opter pour les réseaux et l'omnipotent TikTok, elle a débuté "à l'ancienne" avec un single auto-produit (mais essentiellement dématérialisé) intitulé "Deep End". Si elle tire adroitement son épingle du jeu, il existe néanmoins un lien de sororité évident entre Holly Humberstone et Lorde, Gracie Abrams, Maisie Peters voire même Taylor Swift et Olivia Rodrigo dans sa nouvelle incarnation adoubée par Robert Smith. Deux artistes en première partie desquelles elle a joué. Avec "Cruel World", son deuxième album sorti en avril 2026, elle se produira pour la troisième fois en Belgique cette année!
Jeudi 17 septembre - Musée
(Stéphane Soupart)
