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De Gaulle, la bataille perdue du box-office

  • 15 juin 2026 11:00

Annoncé comme le grand film-somme sur le Général, pensé comme un événement populaire à la française, La Bataille de Gaulle s’enlise déjà dans les chiffres, après une semaine de distribution dans les salles françaises.

Avec son budget estimé à 75 millions d’euros pour deux volets, le diptyque d’Antonin Baudry devait incarner le blockbuster historique à la française, capable de fédérer grand public, cinéphiles et patrimoine national. Mais à l’arrivée, La Bataille de Gaulle – L’Âge de fer ne pèse qu’environ 383 000 entrées en première semaine, malgré une distribution massive d’environ 560 copies. Un démarrage jugé comme une "grosse déception" par la presse spécialisée, loin des attentes créées par son marketing événementiel et par l’aura du Général.

Le revers est d’autant plus frappant que le film n’atteint que la deuxième place du box-office, devancé par le nouveau Scary Movie, pourtant distribué dans moins de salles. Le constat est rude : même en cas de bonne tenue sur la durée, les estimations finales évoquent tout juste le million d’entrées, un score insuffisant pour amortir un tel investissement (entre 70 et 75 millions).

Sur le fond, le diptyque raconte le parcours complet du chef de la France libre en duex parties : L’Âge de fer suit l’effondrement de 1940, l’appel du 18 Juin et les années de traversée du désert londonienne, quand De Gaulle lutte pour exister face à Pétain, Churchill et Roosevelt. J’écris ton nom doit, lui, élargir le champ de bataille aux grandes figures de la Résistance et aux campagnes décisives, de l’Afrique aux débarquements, jusqu’à la Libération et à la naissance du mythe gaullien.

Pensé au départ comme un feuilleton de cinéma, avec un mois d’écart entre les deux volets, le plan a été revu en urgence : la deuxième partie sort finalement une semaine plus tôt, le 26 juin, pour profiter à tout prix de la Fête du cinéma. Un rétrécissement du calendrier qui ressemble moins à une stratégie qu’à un baroud d’honneur ou une plan de sauvetage.

Symbole d’un cinéma historique ambitieux mais difficile à rendre vraiment populaire, La Bataille de Gaulle révèle aussi les limites de l’équation “grande figure nationale + moyens XXL = carton assuré”. Preuve que, même entouré de légende, De Gaulle ne suffit plus à faire se lever les foules en salle.

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