L'intérêt de Donald Trump pour le Groenland ne s'est certainement pas refroidi. En coulisses, une opération américaine prend de l'ampleur afin de permettre aux États-Unis de renforcer leur emprise sur cette île arctique. La stratégie américaine est remarquable : des brise-glaces finlandais, une société pétrolière texane ayant des liens avec l’entourage de Trump, et nul autre que le psychologue de télévision Dr Phil comme figure médiatique doivent convaincre le Groenland de se rallier à leur cause.
Le cœur de l’affaire se situe sur la côte est du Groenland, dans la région de Jameson Land. La société texane Greenland Energy, créée l’année dernière seulement, affirme y soupçonner la présence de milliards de barils de pétrole brut et a annoncé un investissement de 60 millions de dollars pour le forage de deux puits d’exploration. Selon ses propres déclarations, l’entreprise aurait déjà fait acheminer 300 conteneurs de matériel de forage. C’est ce que rapporte El Diario.
"Aucun permis n'a été délivré"
Le gouvernement de Nuuk tire toutefois la sonnette d’alarme. Le ministère des Ressources a déclaré qu’il "n’existait aucun permis en vigueur" pour l’exploration ou les travaux préparatoires, et a lancé un "avertissement sévère". Les autorités soulignent qu’aucune entreprise n’a reçu l’autorisation de débarquer du matériel. Greenland Energy ne le nie pas et affirme se préparer ; les premiers puits devraient être forés en octobre.
Les liens avec Washington sont loin d’être subtils. Greenland Energy est soutenue par Kenneth Griffin, donateur de Donald Trump (qui détient une participation de 9 %), et compte parmi ses actionnaires Larry Swets, principal actionnaire et président, un allié issu de l’entourage de Trump. Afin de mobiliser le soutien de l’opinion publique, l’entreprise a fait appel au Dr Phil McGraw, ancien animateur de talk-show et membre de la commission de Trump sur la liberté religieuse, pour réaliser un documentaire sur les "prospecteurs modernes", ces personnes qui effectuent des forages d’exploration.
La logistique repose en partie sur des brise-glaces finlandais, indispensables dans les eaux arctiques pour acheminer en toute sécurité le matériel lourd vers la côte est. Le choix de ce moment n’est d’ailleurs pas fortuit. Ces derniers mois, Trump a répété que le Groenland était "crucial pour la sécurité nationale" et a précédemment fait allusion à un système de défense antimissile "Golden Dome" censé protéger l’île. C’est ce que rapporte CNN.
Les détracteurs qualifient cette opération de "forage impérialiste" et avertissent que les États-Unis mettent la souveraineté du Groenland sous pression. La région autonome danoise a déclaré à plusieurs reprises ne pas vouloir être vendue. Pour Trump, il s’agit de positions stratégiques et de minéraux essentiels, mais aussi de pétrole et de gaz, selon Reuters.
