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Égypte antique : 24 "langues en or" sacrées découvertes dans un cimetière

  • 20 juil. 2026 11:12

Sur les rives de la Méditerranée, à environ 100 kilomètres d'Alexandrie, des archéologues égyptiens ont mis au jour dix-huit tombes datant des époques ptolémaïque ou romaine, entre 322 av. J.-C. et 395 après notre ère.

Parmi les nombreux objets enfouis, les chercheurs ont découvert vingt-quatre amulettes en or en forme de langue. Ces dernières étaient, très probablement, déposées dans la bouche des défunts afin de leur permettre de s'entretenir avec les divinités.

L'or étant perçu comme la chair des dieux dans l'Égypte antique, ces artefacts jouaient un rôle crucial lors du passage vers l'autre monde. "Elles sont généralement interprétées comme des amulettes funéraires, destinées à permettre au défunt de parler dans l'au-delà, en particulier lors du jugement devant Osiris", indique Hesham Hussein, du ministère égyptien du Tourisme.

Les fouilles ont aussi permis de révéler un autel évoquant une fausse porte. Hesham Hussein rappelle d'ailleurs que, "dans les croyances traditionnelles égyptiennes, [la fausse porte] symbolisait l'interface entre le monde des vivants et celui des morts".

La nuance, toujours de la nuance

L'examen de ces trésors, qui comprennent également une amulette en forme d'Œil d'Horus (dieu à tête de faucon qu'on associe à la guerre et au ciel) contre le mauvais œil, suscite le débat chez les experts. 

  • Un épi de blé plutôt qu'une langue ? Le professeur d'archéologie Attilio Mastrocinque suggère, après analyse des photos, que l'un des objets dorés pourrait en réalité représenter un épi de blé, symbole antique de fertilité. Des artefacts similaires aux épis en argent déjà découverts dans des sanctuaires romains, en Europe. 
  • L'authenticité de la "fausse porte" remise en question : c'est ici au tour du professeur d'archéologie Krzysztof Jakubiak (Université de Varsovie) d'appeler à la modération. "Je resterais prudent avant d'établir une comparaison directe entre les motifs iconographiques visibles sur l'autel découvert et ceux propres à l'iconographie des fausses portes", explique l'expert. Selon lui, l'autel pourrait simplement être inachevé.

Un carrefour culturel

Par ailleurs, le site a livré une statue incomplète d'Aphrodite ainsi qu'un sarcophage en granit toujours scellé. Ces éléments confirment la richesse multiculturelle de cette ancienne communauté d'Égypte antique.

Selon Dorota Dzierzbicka, directrice de la mission, ces découvertes mettent en lumière "une communauté culturellement diverse, où les traditions égyptiennes et gréco-romaines coexistaient et se mêlaient dans la vie quotidienne comme dans les pratiques funéraires".

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