Un demi-siècle après ses premiers pas sous le nom de Easy Cure, le chanteur mélancolique se cache toujours derrière un trait d’eyeliner et n'a rien perdu de sa popularité qui transcende les générations. Cet été, il foulera les planches de plusieurs festivals de premier plan (Rock Werchter, Rock en Seine, Roskilde, Paléo)
Troisième d’une famille de quatre enfants, Robert Smith a vu le jour au Royaume-Uni le 21 avril 1959 et semble défier les années qui passent en proposant toujours, avec The Cure, des concerts aux allures messianiques s'étirant souvent au-delà de deux heures. Véritablement adulé par un public qu'il a réussi à rajeunir et dont il apprécie les marques d'attention, Robert Smith aime toujours donner autant que recevoir.
Fan de football, il délaisse cependant cette passion lorsqu’il découvre la guitare, passant alors son temps libre à écouter de la musique et à en produire, loin des tribunes des stades de foot.
En 1976, il fonde son premier groupe, accompagné de Lol Tolhurst (un ami rencontré en maternelles) et de Michael Dempsey. Easy Cure lui permet non seulement d’exprimer ses talents de guitariste, mais également de chanteur. La formation choisit le nom définitif de The Cure un an plus tard. Leur premier single, "Killing An Arab" (qui fait référence au roman "L’étranger" d'Albert Camus) les place directement en bonne place sur la scène musicale anglaise. Compositeur, chanteur, producteur, guitariste, Smith règne sur The Cure et son look gothique complète sa légende naissante. Le fameux "Boys Don’t Cry" sort en 1979 et emporte le groupe sur la vague du succès, notamment en Australie où ils deviennent de vraies stars.
Après trois albums complétant leur "Dark Triology", le groupe prend un virage plus pop, aidé par Tim Pope, qui réalise alors tous leurs clips. Et fin des années 80, les clips ça compte ! La curemania explose, centrée sur le personnage de Smith, maniéré et maquillé de noir sous les yeux mais barbouillé de rouge sur les lèvres. Si le chanteur timide avoue s’être d'abord caché derrière ce maquillage, il est rapidement devenue sa signature visuelle, jusqu’à inspirer le personnage d’ Edward aux mains d’argent.
En 1984, The Cure est de retour, avec l’album "The Top", suivi de "The Head On The Door" et ses deux tubes mondiaux : "In Between Days" et "Close To Me". La courbe du succès est à son apogée et le culte que les fans leur témoignent n’a jamais été aussi intense. En 1987, "Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me" vient asseoir une fois de plus leur succès, bien que l’emblématique chanteur prenne d’autres directions, notamment en jouant quelque temps avec d’autres formations. En 1988, il s’offre comme cadeau de mariage un nouvel opus, "Disintegration". Le dernier avec Lol Tolhurst , dont le penchant pour l’alcool précipite l’éviction du groupe.

Même s’ils continuent de produire des albums, l’engouement semble ensuite retomber et, en 1996, le chanteur aux cheveux fous annonce la fin de l’ère The Cure. Mais comme tout phénix, le groupe renaîtra, notamment avec "The Cure", en 2004 et, vingt ans plus tard, "Songs Of A Lost World". Il annonce dans la foulée que « deux autres albums sont presque prêts. Je n’ai pas vraiment envie que ça s’arrête. » confiait-il cette année-là en interview, annonçant cependant avoir programmé sa retraite fin 2029.
Lorsque le tout premier single de The Cure "Killing An Arab" sort en décembre 1978, The Cure choisit Fiction Records, un petit label indépendant fondé par Chris Parry. Ils lui resteront fidèles pendant 23 ans jusqu'à son absorbtion progressive par l'hydre Universal Music. Véritable Don Quichotte fier de son indépendance, Robert Smith a certes rougit de plaisir en recevant par deux fois la fameuse stauette en forme de gramophone doré lors de la 68ème cérémonie des Grammy Awards en février 2026. Il lui aura fallu patienter près de cinq sdécennies !
Contrairement aux frères Gallagher (Oasis) ou à Céline Dion, Robert Smith n'a jamais oublié ses origines sociales modestes. Ainsi pour la tournée organisée aux Etats-Unis dans la foulée de "Songs Of The Lost World", il a mis un point d'honneur à proposer des billets à partir de 20 dollars seulement. Farouchement opposé à la tarificaion "dynamique" qui, à l'instar des billets d'avion augmente mécaniquement les prix lorsque la demande est importante, il a obtenu du géant Ticketmaster le remboursement des sommes perçues indûment à ses yeux. Une première ! Mieux encore, les droits générés par les déclinaisons en public ("Songs Of A Live World") et remixes ("Mixes Of A Lost World") (2025) ont été intégralement reversés à l'organisation caritative War Child UK qui apporte son soutien aux enfants vivants en zone de conflits à travers le monde. Qui dit mieux ?

Quelques jours avant la sortie de "You Seem Pretty Sad For A Girl So In Love", la chanteuse américaine Olivia Rodrigo (et son groupe 100% féminin) a accueilli Robert Smith lors de son con concert au festival Primavera Sound de Barcelone le 6 juin 2026 pour interpréter "What's Wrong With Me", un titre qu'ils ont composé ensemble. Cette complicité inattendue a été initiée en juillet 2025 lorsque les deux artistes ont interprété ensemble "Friday I'm In Love" et "Just Like Heaven", deux grands classiques de The Cure. Clin d'oeil supplémentaire que Rodrigo qualifie elle-même de "heureux hasard", la chanteuse a glissé une chanson au titre sans équivoque ("The Cure") sur son deuxième album. Il reste maintenant à Robert Smith d'affuter sa plume pour lui répondre par un refrain qui s'appelerait "Olivia". La boucle serait ainsi bouclée !
Concerts:
Toutes les dates de la tournée
20 juin – Pinkpop – Landgraaf – Pays-Bas
21 juin – Isle of Wight Festival 2026 – Newport – Royaume-Uni
24 juin – Blackweir Fields – Cardiff – Royaume-Uni
26 juin – Marlay Park – Dublin – Irlande
28 juin – Belsonic – Belfast – Royaume-Uni
1 juillet – Roskilde Festival – Roskilde – Danemark
3 juillet – Open'er Festival 2026 – Gdynia – Pologne
5 juillet – Rock Werchter 2026 – Werchter – Belgique
8 juillet – Pohoda Festival – Trenčín – Slovaquie
10 juillet – Wuhlheide – Berlin – Allemagne
11 juillet – Wuhlheide – Berlin – Allemagne
12 juillet – Wuhlheide – Berlin – Allemagne
15 juillet – Ejekt Festival – Athènes – Grèce
17 juillet – Phill Good Festival – Plovdiv – Bulgarie
19 juillet – Electric Castle – Cluj – Roumanie
22 juillet – Paléo Festival – Nyon – Suisse
24 juillet – Festival de Nîmes – Nîmes – France
25 juillet – Festival de Nîmes – Nîmes – France
26 juillet – Festival de Nîmes – Nîmes – France
7 août – Kalnų Parkas – Vilnius – Lituanie
9 août – Unibet Arena Kvartal – Tallinn – Estonie
12 août – Oyafestivalen 2026 – Oslo – Norvège
14 août – Way Out West Festival – Göteborg – Suède
21 août – Live From Wythenshawe Park 2026 – Manchester – Royaume-Uni
23 août – Summer Sessions – Édimbourg – Royaume-Uni
28 août – Pagaille Festival – Bordeaux – France
30 août – Rock en Seine – Paris – France
(Céline Massart & Stéphane Soupart - Photo : © Etienne Tordoir)
Photo : Robert Smith, Simon Gallup et lLl Tolhurst avec The Cure sur la scène du festival Rock Werchter le 5 juillet 1981
