Figure majeure de l’électro française, Kavinsky (Vincent Belorgey pour l'état civil) a été retrouvé sans vie à 50 ans dans son appartement du 18ᵉ arrondissement de Paris, alors qu’il allait fêter son 51ᵉ anniversaire. Derrière le casque et les synthés, se cachait une carrière aussi discrète qu’influente, marquée par un tube planétaire et des collaborations inattendues.
C’est un voisin inquiet qui a alerté les secours après plusieurs jours sans nouvelles de l’artiste. Les policiers l’ont découvert vers 22h30, sans vie. Selon une source policière, Kavinsky se plaignait de maux de tête depuis quelques jours. Le parquet de Paris a ouvert une enquête, excluant pour l’instant tout élément suspect. La piste d’un accident vasculaire cérébral (AVC) est évoquée. Le décès soudain de cette personnalité discrète de la scène endeuille la scène électro.
De l’acteur au producteur, la mue Kavinsky
Avant de devenir l’un des noms les plus reconnaissables de la French electro, Vincent Belorgey était connu comme acteur, notamment dans la série Plus belle la vie. Mais c’est derrière les platines et les consoles qu’il a forgé sa légende. Son projet Kavinsky, lancé à la fin des années 2000, s’inscrit dans la vague "outrun " et "synthwave", un courant esthétique et musical inspiré des films d’action et de science-fiction des années 80.
"Nightcall" : le morceau qui a traversé les écrans et les générations
Sorti en 2011, Nightcall reste l’œuvre la plus emblématique de Kavinsky. Composé pour le film Drive de du réalisateur danois Nicolas Winding Refn, le morceau a été porté par une voix androgyne et une ambiance nocturne immédiatement reconnaissable. Le titre a non seulement propulsé Kavinsky sur la scène internationale, mais il est aussi devenu un classique des playlists cinéphiles et électro, repris dans de nombreuses compilations et bandes-annonces.
Une carrière discrète mais ponctuée de collaborations marquantes
Kavinsky n’a jamais cherché la surexposition. Son album "Reborn", sorti en 2013, a été salué par la critique pour sa cohérence sonore et son univers visuel fort.
Parmi ses collaborations notables :
- Phoenix : il a travaillé avec le groupe pop-rock français à plusieurs reprises, notamment sur des remixes et des performances live.
- Angèle : en 2024, il a co-signé une version de "Nightcall" avec la chanteuse belge, interprétée lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris.
- Daft Punk : bien que jamais officiellement confirmé, des rumeurs persistent sur une influence mutuelle et des échanges en studio avec le duo mythique.
Un héritage sonore et visuel
Au-delà de la musique, Kavinsky a développé un univers visuel cohérent, inspiré des films de série B, des voitures de collection et des néons urbains. Son clip de Testarossa Autodrive, avec sa Ferrari rouge filant dans la nuit, est devenu une icône du genre. Sa disparition laisse un vide dans la scène électro française, mais aussi dans l’imaginaire collectif d’une génération qui a grandi au son de ses synthés et de ses ambiances cinématographiques.
