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Né un 12 août : Mark Knopfler (Dire Straits), guitar hero et storyteller

  • 12 août 2026 13:00

Mark Freuder Knopfler a vu le jour en 1949 à Glasgow en Écosse. Son jeu de guitare, à la fois fluide et technique, deviendra la marque de fabrique de Dire Straits

Fils d’un architecte hongrois juif ayant fui le nazisme et d’une enseignante anglaise, il grandit à Newcastle. Très tôt, il développe un vif intérêt pour la musique  Il use tous les microsillons qui passent à sa portée. Il forge progressivement sa passion en écoutant autant du blues ou du folk que les premiers soubresauts du rock. Parmi ses influences juvéniles, on peut citer Hank Marvin (The Shadows), Bob Dylan (dont il produira d’ailleurs l’album "Infidels" en 1983) ou encore Chet Atkins. "Je n’ai jamais vraiment voulu être une rock star. Je voulais juste être bon à la guitare, et raconter des histoires. » déclare-t-il au magazine Guitar World en 2000. Dès le milieu des années 80, il a d’ailleurs choisi de respirer loin des contraintes du succès planétaire de Dire Straits en écrivant des musiques pour de petits films anglais, par ailleurs très touchants, comme "Local Hero" (1983) ou "Cal" (1984).

Avant de se consacrer à la musique à plein temps, Mark Knopfler travaille comme journaliste comme Neil Tennant (Pet Shop Boys) ou Chrissie Hynde (The Pretenders) et aussi comme enseignant à l’instar de Sting. Mais sa passion pour la guitare ne l’abandonne jamais et, en 1977, il fonde Dire Straits avec son frère David. Ils en rêvaient peut-être mais ignoraient néanmoins que le groupe allait devenir un des plus grands noms du rock des années 1980.

Dès le premier album éponyme en 1978,  "Sultans of Swing" et son riff légendaire propulsent le groupe sur le devant de la scène internationale. D’emblée, Dire Straits mise tout sur la musique. On est aux antipodes du glam-rock en perte de vitesse tout autant que des oripeaux extravagants des Nouveaux Romantiques. Et tout autant du punk évidemment ! Avec Dire Straits, c’est tout pour la musique avec de vraies histoires enrobées par la guitare de Mark. 

L’album "Brothers in Arms" (1985), avec des morceaux comme "Money For Nothing" (au moment de l’explosion de la chaîne musicale MTV) ou "Walk Of Life" deviennent les ambassadeurs du Compact Disc, un nouveau format qui convient particulièrement aux fin arpèges du groupe. "Quand nous avons enregistré "Brothers in Arms", je ne pensais pas que ce serait un tel raz-de-marée. Je voulais juste faire un bon disque", affirme Mark Knopfler avec une humilité rétrospective sur les antennes de la BBC en 2005.

Mais le succès a un prix. Peu attiré par les projecteurs, le guitariste-chanteur commence à se lasser de la pression du show-business. "La célébrité, ce n’est pas la vraie vie. La vraie vie, c’est écrire une chanson seul dans une pièce, ou jouer dans un petit club et sentir que tu touches quelqu’un"  confie-t-il à "Rolling Stone" en 2010. En 1995, après avoir vendu plus de 120 millions d’albums, Mark Knopfler se tourne donc vers une carrière solo plus discrète et déjà amorcée avec ses musiques de films. Fier de cette liberté artistique retrouvée, il s’offre des escapades aux racines du folk ou de la musique country. Il déroule désormais ses histoires à la manière d’un troubadour moderne. Il collabore également avec de nombreux artistes, de Emmylou Harris à Van Morrison. En 1990, il enregistre même "Neck And Neck" avec Chet Atkins, une de ses idoles de jeunesse

Ses albums solos, comme "Sailing To Philadelphia" (2000), "Shangri-La" (2004), ou "Down The Road Wherever" (2018), confirment son talent de conteur et de mélodiste intemporel. Il s’y livre de manière plus intime en explorant des thèmes comme la mémoire ou le temps qui passe. En 2024, il publie "One Deep River", un dixième album studio qui figure parmi ses plus personnels à ce jour. 

"J’ai toujours été attiré par les histoires. A mes yeux, chaque chanson est un peu comme une petite nouvelle".

Mark Knopfler lors de sa dernière tournée mondiale en solo au Sportpaleis d'Anvers (Belgique) le 22 juin 2019/ Photo : © Etienne Tordoir

Alors qu'il s'apprête tout doucement à devenir octogénaire et que bruissent, de temps à autre, des rumeurs de maladie de Parkinson, Mark Knopfler a plusieurs fois répété que Dire Straits ne se reformera jamais mais que lui-même n'entamerait plus aucune tournée mondiale d'envergure. La dernière restera donc celle de 2019 qui s'est clôturée au Madison Square Garden de New York en septembre de cette année-là. Comme beaucoup de vétérans de son âge, il s'emploie désormais à dépoussiérer certains joyaux de sa longue carrière en y adjoignant des inédits et des versions alternatives de titres déjà connus comme "Sailing To Philadelphia" qui a récemment fêté les 25 ans de sa sortie initiale ou "All That Roadrunning" en février 2026. Désormais sans aucune pression, il continue d'enregistrer quand bon lui semble avec une nonchalance que son idole J.J. Cale aurait applaudi, entre deux siestes évidemment. C'est ainsi que "One Deep River" a vu le jour presque par inadvertance en 2024. En filigrane, notamment avec la photo de pochette, cette album marque un retour vers la rivière Tyne de Newcastle, ville qui l'a vu grandir.

Mark Knopfler dispose ainsi de temps libre pour ajouter quelques épisodes à la série "Johnson & Knopfler Music Legends" sur la chaîne anglaise Sky Arts. En 2024, avec la complicité de Brian Johnson (chanteur de AC/DC), il est part à la rencontre de quelques icônes de la musique comme Tom Jones, Nile Rodgers, Emmylou Harris ou Cyndi Lauper. Il peut aussi se consacrer aux associations caritatives qui lui tiennent à coeur principalement la lutte contre le cancer des enfants. En 2024, il a ainsi rassemblé près de 60 artistes, principalement des guitaristes, autour de lui pour une nouvelle version, certes un peu cacophonique, de "Going Home" (thème du film "Local Hero" en 1983). L'idée était de réunir le plus grand nombre de "guitar heroes" de l'histoire du rock parmi lesquels David Gilmour (Pink Floyd), Slash (Guns N' Roses), Eric Clapton, Brian May (Queen), Pete Townshend (The Who), Tony Iommi (Black Sabbath), Ronnie Wood (The Rolling Stones) ou encore Bruce Springsteen. Sting à la basse, Ringo Starr et son fils Zak Starkey à la batterie, ainsi que Roger Daltrey à l'harmonica étaient également présents. 

Plus discrètement, il soutient aussi entre autres Tusk Force (pour la protection de la faune sauvage), la musicothérapie ou des associations d'aide aux enfants dans sa région natale. Pour ce faire, il n'hésite pas à vendre aux enchères certains de ses guitares fétiches. Dédicacées évidemment! Mark Knopfler n'est donc pas qu'un guitare exceptionnelle, il est aussi un bon Samaritain...

 

Sur scène:

Pour pallier la disparition définitive de Dire Straits, pléthore de tribute bands (groupes hommages) ont vu le jour également comme Calling Mark de l'excellent Karim Baggili ou Cooking With Knopfler de Bart Buls et David Piedfort. The Dire Straits Experience par exemple compte en son sein Chris White qui a notamment été saxophoniste sur "Brothers In Arms" en 1985.
 

The Dire Straits Experience:

1 novembre: Stadsschouwburg - Anvers

Calling Mark:

6 novembre: W:Hall - Woluwe-Saint-Pierre (Bruxelles)

Cooking With Knopfler:

Un peu partout en Flandre et notamment à Merelbeke, Diest et Kapellen

 

 

 

(Stéphane Soupart - Photo : © Etienne Tordoir)

Photo 1: Mark Knopfler avec Dire Straits sur la scène de Forest-National à Bruxelles (Belgique) le 31 mai 1983

Photo 2: Mark Knopfler lors de sa dernière tournée mondiale en solo au Sportpaleis d'Anvers (Belgique) le 22 juin 2019

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