João Bosco de Freitas Mucci, de son nom complet toujours très long pour l’état-civil brésilien, a vu le jour en 1946 à Ponte Nova.
Fils d'un père d'origine libanaise et issu d'une famille de musiciens, il commence à apprendre la guitare dès l'âge de douze ans, nourri par des influences allant de la musique populaire brésilienne au rock américain.
Après des études d'ingénieur civil à l'université d'Ouro Preto, il obtient son diplôme en 1972 mais choisit de se consacrer à la musique. C'est durant ses années d'université qu'il fait d’ailleurs la connaissance du parolier Vinicius de Moraes, auteur notamment de l’immortel Garota de Ipanema.
Installé à Rio de Janeiro, il commence par offrir son talent de mélodiste à la grande interprète Elis Regina avant de former un duo marquant avec le parolier Aldir Blanc.
Cette collaboration, entamée au début des années 1970, donne naissance à des dizaines de chansons devenues des classiques de la musique populaire brésilienne. Elles mêlent subtilement samba, bossa nova, jazz et quelques imperceptibles épices rock. Leur titre le plus célèbre "O Bêbado e a Equilibrista" (L’ivrogne et l’équilibriste) devient un hymne pour Amnesty International en 1979 après la fin de la dictature militaire. Car sous la botte des généraux même les chansons d’amour, parfois truffées de double sens, étaient effectivement soumises à la censure. Comme Gilberto Gil et beaucoup d’autres artistes artistes, João Bosco en a souffert plus souvent qu’à son tour.
Habitué du festival de jazz de Montreux (Suisse) et auréole par ses pairs, en 2017, d’un Lifetime Achievement Award de la Latin Recording Academy lors des Latin Grammy Award venant couronner cinq décennies de carrière, il célèbre aujourd’hui son 80ème anniversaire.
(Stéphane Soupart - Photo: © Etienne Tordoir)
Photo: Joao Bosco sur la scène de Bozar à Bruxelles (Belgique) dans le cadre du festival « Viva Brasil » en juin 1989.
