On sait qu’il a vu le jour dans l'East End londonien aux alentours de 1951. Sans qu’on puisse la corroborer avec certitude, la date du 15 juillet apparaît comme la plus vraisemblable. Et, on ne pouvait passer sous silence, l’épopée de cette figure du pub rock dont la tessiture évoque celle Mick Jagger.
Il n’existe pas énormément d’information biographiques sur Bill Hurley. Une longue interview pour le magazine français "Blues Again" rassemble quelques éléments intéressants. "Vers cinq, six ans. Quand j'étais gosse, pendant les vacances, je m’inscrivais à ces concours qu’on nomme "talent shows" chez nous (NDR: l'équivalent des "radios crochets" en France). Je chantais également dans la chorale de l'école. Quand j'en ai eu quatorze, j’ai commencé à me vieillir pour pouvoir entrer dans les pubs du West End. Un des premiers groupes pour lequel j'ai chanté faisait dans le dixieland. Je chantais du Louis Armstrong, des trucs comme 'When The Saints Go Marching In'. J’étais grand, je parvenais à les bluffer, ils pensaient que j'en avais seize. Tout ça ne date pas d’hier comme tu vois".
À la fin des années 1970, il fonde le groupe The Inmates aux côté du guitariste Peter Gunn, autre pilier essentiel de ces éminents représentants du pub rock anglais. Des proches cousins de Dr Feelgood de Lee Brilleaux, en somme.
Le groupe connaît un relatif succès international au début des années 1980 grâce à des reprises comme "Dirty Water" des Standells et "The Walk" de Jimmy McCracklin.
Malheureusement, en 1981, épuisé par les incessantes tournées, Bill Hurley sombre dans une profonde dépression. Il est alors provisoirement remplacé par Barrie Masters (Eddie & The Hot Rods). Avant de retrouver son groupe de coeur en 1985, il adopte un rythme moins effréné et enregistre quelques albums en solitaire dont l’excellent "Double Agent" sur le label Demon Records (celui d'Elvis Costello). En 1987, les Inmates suscitent à nouveau l’attention, essentiellement en France, avec "Meet The Beatles" dans lequel ils entreprennent de reprendre les classiques du quatuor de Liverpool avec l’énergie des Stones millésime sixties. Ebouriffant!
Depuis la fin des années 1990, les Inmates semblent avoir renoncer à passer sous les fourches caudines des studios d’enregistrement. Ils continuent cependant avec la même obstination à jouer sur scène et à en partager de temps à autre le témoignage.
La voix exceptionnelle de Bill Hurley, couvrant quatre octaves, lui vaut l’admiration de ses pairs au premier rang desquels Jimmy Page et Robert Plant, respectivement guitariste et chanteur de feu Led Zeppelin.
(Stéphane Soupart - Photo: © Etienne Tordoir)
Photo: Bill Hurley avec The Inmates en festival à l’Abbaye de Saint Gérard (Belgique) le 6 septembre 1980.
