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Né un 16 août: Kevin Ayers, le chanteur psychédélique anglais au visage d’ange ne manquait pas d’humour

  • 16 août 2026 19:30

Né en 1944 à Herne Bay, dans le Kent (Angleterre), le chanteur, compositeur et multi-instrumentiste britannique a fait partie la scène psychédélique dite « de Canterbury » avec notamment Robert Wyatt ou David Allen (Gong).


Kevin Ayers passe une partie de son enfance en Extrême-Orient, où son beau-père occupe un poste d'officier colonial en Malaisie. Musicalement, ces quelques années du côté de Kuala Lumpur et de Malacca n’ont guère laissé de trace. De retour en Angleterre, il fait une rencontre déterminante en la personne de Robert Wyatt, Daevid Allen et Mike Ratledge. Ensemble, ils fondent l’inclassifiable Soft Machine que, avec leur nom emprunté à William Burroughs, on qualifiera de jazz rock psychédélique expérimental, faute de mieux. Il ne reste que deux ans à leurs côtés et ne participe donc qu’à « The Soft Machine - Volume One » en 1968. Après une exténuante tournée américaine cette année-là en première partie du Jimi Hendrix Expérience, Ayers décide de changer de vie. Il s’installe à Ibiza (une autre expérience psyché à l’époque) et vend même sa basse à Noel Redding, un des musiciens de Hendrix.

A la guitare donc, le seul instrument à sa disposition, il pose cependant les bases de son premier album solo, « Joy Of A Toy » (1969), un des tout premiers disques publiés sur le label Harvest, aux côtés d’« Ummagumma » de Pink Floyd. Suivent notamment « Shooting At The Moon » (1970 avec le titre May I? Puis « Whatevershebringswesing » (à vos souhaits!) en 1972. Il se crée ainsi un univers personnel entre ballades mélancoliques et expérimentations plus audacieuses.

Sans jamais chercher le succès, il collabore avec des artistes comme Mike Oldfield, Brian Eno ou encore les membres de Gong, groupe fondé par son premier complice Daevid Allen. Au total, il a publie une quinzaine d'albums studio, tous marqués par une une nonchalance et un humour décalé typiquement britanniques. Il a même enregistré Puis-je? en1970 dans la langue de Molière. Initialement publiée en face B de son single Butterfly Dance, cette version traduite par ses soins de May I? est progressivement devenue un titre culte de son répertoire. Et pas seulement en France. Certains de ses albums comme « Bananamour » (1973) ou « Diamond Jack And The Queen Of Pain » (1983) brillent encore aujourd’hui d’un éclat particulier.

Après des années difficiles marquées par une addiction à l'héroïne pendant les années 80, Kevin Ayers s'installe dans le petit village de Montolieu, dans l'Aude (France) au début des années 90. Il y mène une vie discrète et il lui arrivait même de jouer de la guitare à la terrasse du café du coin.

Son dernier album, « The Unfairground » (2007), enregistré avec un coup de pouce de Teenage Fanclub ou Gorky's Zygotic Mynci (autres chantres du psychédélisme à l’anglaise) sera aussi son testament musical puisqu’il s’éteint, dans son sommeil, le 18 février 2013 dans ce petit village de l’Aude où il avait trouvé refuge.

(Stéphane Soupart - Photo: © Etienne Tordoir)

Photo: Kevin Ayers sur la scène du festival de Werchter (Belgique) le 6 juillet 1980

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