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Né un 17 août : Stephan Eicher, le plus francophone des Suisses allemands

  • 17 août 2026 14:00

Stephan Eicher a vu le jour, dans une famille de trois garçons, en 1960 dans le village de Münchenbuchsee (à vos souhaits !) près de Berne

On l’a un peu oublié aujourd’hui mais, avec son frère Martin au sein de Grauzone, Stephan Eicher a été un des pionniers (aux côtés notamment de Fehlfarben et Liaisons Dangereuses) de la cold wave en allemand, la fameuse Neue Deutsche Welle. Toujours aussi hypnotique, leur "Eisbär" de 1981 n’a pas pris une ride.

Si le français est progressivement devenu sa langue de prédilection, Stephan Eicher mérite sans aucun doute la qualificatif de polyglotte. Au gré de ses humeurs, il chante donc parfois en anglais, en italien, en allemand et parfois même en patois berlinois et aussi en romanche. Le chanteur a également noué de précieux liens avec les écrivains Philippe Djian (l’auteur de "37,2 le matin") et Martin Suter (écrivain né à Zürich). Car chez Eicher, que ce soit pour des chansons d’amour ou de rupture mais aussi pour des sujets plus en phase avec les menaces qui pèsent sur notre environnement, les mots ne sont jamais laissés au hasard. Pour des succès comme "Pas d’ami (comme toi)" ou le moins connus comme "Prisonnière", ils possèdent comme une limpide évidence poétique qui fait mouche.

Toujours avide d’expériences que certains n’hésitent pas à taxer de saugrenues, Stephan Eicher fait tantôt résonner sa fibre littéraire en écrivant une partition pour "Rêverie du promeneur solitaire" de Jean-Jacques Rousseau (2012), tantôt s’entoure de machines et d’automates à la Tingli pour une série de concerts (2015). En 2019, l’ambitieux "Huh !", des reprises de ses propres titres avec la fanfare balkano-suisse Traktorkestar peine à trouver son public et la pandémie de covid-19 coupe malheureusement court à l’aventure. 

Stephan Eicher au Parc d’Avroy à Liège pour son premier concert en Belgique le 2 juin 1986 (© Etienne Tordoir)

Lumineux et hors du temps, son dernier opus personnel intitulé  "Ode" sorti en 2022, avec l’excellent Reyn Ouwehand au piano magique sur "Autour de ton cou" notamment, n’a malheureusement pas reçu l’accueil qu’il mérite. Mais il n’est pas trop tard pour réparer cette erreur...

Toujours aussi éclectique et prolifique, Stephan Eicher a depuis ajouté deux nouveaux chapitres à sa discographie. Le premier en allemand constitue un défi supplémentaire qu'il relève admirablement. "Kunscht isch geng es Risiko" (sous-titré "Eine Hommage an die Musik von Mani Matter" est un poignant hommage à Mani Matter, un chansonnier et poète bernois. Avec le trio de jazz Roman Nowka's Hot 3, les chansons sont intégralement interprétés en bernois, ce Bärndütsch qui est aussi la langue maternelle du chanteur. Et vous savez quoi? C'est d'une beauté déchirante! Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que l'allemand bernois s'insinue dans son répertoire: 'Hemmige" (1991) sur son album à succès "Engelberg" était déjà une reprise du même poète. Eicher a donc de la suite dans les idées. Avec son frère Martin et leur duo cold-wave Grauzone au début des années 80, ils avaient choisi l'allemand classique comme langue véhiculaire notamment sur leur hit "Eisbär" (1981) d'ailleurs chanté par son frère...

"Poussière d'or" (2025), son dernier album est chanté principalement en français sur des textes de ses fidèles amis écrivains Philippe Djian et Martin Suter bien qu'un titre, "Bliib No Chli", ait opté pour le suisse allemand. alors qu'il nous annonce déjà un prochain projet à la coloration électro, Eicher reste donc plus que jamais fidèle à sa dualité artistique.

 

Concerts:

30 septembre et du 1 au 4 octobre: Théâtre du Rond Point - Paris (France)

17 octobre: Victoria Hall - Genève (Suisse)

25 novembre: Théâtre Sébastopol - Lille (France)

Et partout dans l'Hexagone.

 

(Stéphane Soupart - Photo : © Etienne Tordoir)

Photo 1: Stephan Eicher sur la scène du Cirque Royal à Bruxelles (Belgique) le 8 février 2023

Photo 2: Stephan Eicher au Parc d’Avroy à Liège pour son premier concert en Belgique le 2 juin 1986

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