Le 11 mai 2003, à 4 heures du matin, une alarme retentit soudainement au musée d'Histoire de l'art de Vienne, alors en plein travaux de rénovation.
L'agent de sécurité ignore le signal, pensant simplement à un bug et laissant le champ libre à un voleur. En s'appuyant sur les échafaudages, l'intrus s'empare de la célèbre Salière de Benvenuto Cellini. Estimée entre 50 et 100 millions de dollars, cette œuvre d'une valeur inestimable est la seule sculpture en or massif de la Renaissance encore conservée, rappelle le site spécialisé Popular Mechanics.
Initialement commandée par le cardinal Ippolito d'Este puis confectionnée pour le roi François Iᵉʳ, la sculpture offre une symbolique d'une grande richesse. Elle met en scène Neptune et Tellus pour incarner la mer et la terre, entourés de nombreux détails mythologiques, de créatures marines mais aussi d'allégories des quatre éléments (le feu, l'eau, la terre et le vent).
Après le décès du roi de France, le chef-d'œuvre voyage de mains en mains jusqu'à son arrivée au musée viennois. Ici, en Autriche, sa disparition suscite un émoi national. Les autorités redoutent alors le pire : que l'objet ne soit fondu pour son or, scellant ainsi sa perte définitive.
L'auteur du vol, Robert Mang, n'est pourtant pas un vulgaire inconnu. Ce collectionneur et expert en systèmes d'alarme avait repéré l'objet depuis longtemps. Son plan est clair : dérober la salière et revendre le précieux métal. Très vite néanmoins, il réalise qu'une telle pièce est impossible à écouler. Incapable de la vendre, il la cache sous son lit avant de l'enterrer, dans une boîte en plomb, au cœur d'une forêt.
L'enquête piétine et le mystère demeure pendant trois ans, jusqu'au jour où le voleur commet l'erreur d'envoyer des demandes de rançon à la police. Repéré par des caméras de surveillance, Robert Mang finit alors par se rendre et renseigner le lieu où se trouve la salière. La sculpture est retrouvée intacte, et son ravisseur est condamné à quatre ans de prison.
